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Chanson pour les cueilleuses d’anémones

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Dans cette forêt des merveilles
     Tout est calme et pourtant
Des promeneurs tout de noir vêtus
Semblent sous leur parapluie noir ne rien vouloir voir
     Tout est calme et pourtant
De belles dames à genoux
Ne sont pas là pour prier ni même pour s’amuser
     Tout est calme l’air embaume et pourtant
En prêtant l’oreille
Dans ce silence parfumé
J’entends les cris des anémones sauvages
Et croyez-moi percevoir le cri de l’anémone sauvage
Le soir au fond des bois me fend le cœur
Ce cri vient mourir au bas de la colline
Parmi la bise errant en courts abois
L’anémone sauvage pleure
Et dans ce cri qui monte alors que le soleil décline
Je vois son agonie
Qu’on aurait pu croire câline
Mais qui dans le beau vase du salon
Sera lente et navrante à la fois
Il fait doux en ce soir printanier
Où se dorlote un paysage lent
Moi à travers ce couchant couvert d’un bleu à l’âme
J’entends comme un long soupir triste de dame nature
Ne cueillons pas les fleurs sauvages
Elles aiment tant avoir la liberté
D’offrir aux promeneurs une surprise enchantée.




(PS : Il y a du Verlaine dans l’air de cette chanson.
« Le son du cor s’afflige vers les bois »
Verlaine dans son recueil Sagesse en 1881)


10 réflexions au sujet de “Chanson pour les cueilleuses d’anémones”

  1. les fleurs s’affligent dans les vases de cristal
    le muguet odorant ou l’anémone sylvie
    cachent bien leur maléfique pouvoir létal
    cueilleuse la beauté n’exclut pas la perfidie

    1. Josette tes mots s’accordent si bien avec mes pensées sauvages…

      Même joues de pâleur
      Qu’un peu de rose enflamme
      Sylvie : un nom de femme
      Porté par une fleur.

      Pierre Menanteau

  2. Le vase brisé (René-François Sully Prudhomme)

    Le vase où meurt cette verveine
    D’un coup d’éventail fut fêlé ;
    Le coup dut effleurer à peine :
    Aucun bruit ne l’a révélé.

    Mais la légère meurtrissure,
    Mordant le cristal chaque jour,
    D’une marche invisible et sûre
    En a fait lentement le tour.

    Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
    Le suc des fleurs s’est épuisé ;
    Personne encore ne s’en doute ;
    N’y touchez pas, il est brisé.

    Souvent aussi la main qu’on aime,
    Effleurant le coeur, le meurtrit ;
    Puis le coeur se fend de lui-même,
    La fleur de son amour périt ;

    Toujours intact aux yeux du monde,
    Il sent croître et pleurer tout bas
    Sa blessure fine et profonde ;
    Il est brisé, n’y touchez pas.

  3. Les anémones pleurent au salon
    Elles pleurent la mousse au fond des bois
    La rosée du matin
    Le chant des oiseaux
    Les anémones prisonnières de nos vases
    Meurent en silence
    Dans le noir des maisons

  4. De jolis mots Marie appréciés par l’anémone des bois
    et pourtant Marie les fleurs en vase peuvent égayer le coeur d’une maison
    mais laissons les fleurs sauvages dans la nature et cueillons les fleurs cultivées dans nos jardins
    faire pousser des fleurs est un long cheminement qui nous apprend à respecter ce que la nature nous offre avec tant de générosité.

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