atelier d'écriture Olivia Billington, les mots pour leur dire

Récolte 35


11 mots à glisser dans un texte :
 fruit, ambulance, électricité, meringue, potence, écorce, armoise, innocent, priapisme, douceur, retour.

Il se disait « pèlerin de l’essentiel » et il avançait. Le fruit de son voyage il ne savait pas où il le récolterait. Il savait seulement que lui se trouvait au carrefour du non-regret de son passé. Ce carrefour où fauché par un fou de vitesse, vrai gibier de potence, il s’est retrouvé dans cette ambulance bien installé entre la vie et la mort.

Un jour il y est revenu dans ce carrefour, transfiguré et tout heureux d’être vivant.

Alors il avance maintenant tranquillement sans soucis et sans peur de son « à venir ».

De plus, il a dans son sac de voyage, une boîte en fer blanc où se trouvent quelques meringues que sa vieille mère lui prépare chaque dimanche.

Blancheur de ces « cailloux » qui sous l’écorce cassante et fragile, cachent la douceur d’être aimé. 

Il marche serein et sait cueillir l’armoise, confidente fidèle des dames de sa vie mais aussi de tous ceux qu’on appelle bons vivants. Il en fait un bouquet-témoignage de sa quête-voyage, il ne veut oublier personne.

Vivant il l’est, joyeux vivant, il avance en sifflant.

Innocent aux mains pleines depuis qu’il sait avoir eu accès, lors de son grave accident, à sa propre vérité.

Dans son cœur, lors de cet instant fugace où il avait frôlé la mort, tout s’était éclairé ; la panne d’électricité était terminée, son vide était enfin habité par la lumière.

Il a pour toujours et à jamais accès au regard innocent de l’enfant qui découvre. Sa joie d’alors fut immense et celle d’aujourd’hui est incommensurable.

Il l’a appelé la fulgurance sans douleur d’un « priapisme » de l’âme ! (Son abstinence ne lui a pas fait perdre son humour…)

Il sait aussi que son voyage sera sans retour.

Il sait avoir été témoin d’une grande vérité

Il se doit de marcher pour témoigner, il se sait pèlerin de l’essentiel.

jamadrou © « Mes mots ne changeront pas la Terre » 6/2/20

14 réflexions au sujet de “Récolte 35”

  1. heureux pèlerin que celui qui connait l’essentiel… il faut donc mourir un jour pour apprécier la vie , cette « ressuscitation » nécessaire ouvre les yeux de l’âme et le regard n’est plus distrait par les scories de la société.

    1. mourir ou simplement frôler la mort Josette.
      et la vie , l’instant présent, deviennent plus lumineux.
      Quant à ce qu’il a découvert , chacun en lisant cette histoire trouvera sa réponse.

  2. Rien n’est jamais écrit à l’avance, il y a toujours la blancheur d’un chemin à recouvrir de nouvelles traces. C’est vraiment un très joli texte plein d’espoir et de bonheurs à venir. Merci !

  3. Quelle triste, mais tellement belle histoire…!
    J’aime beaucoup l’expression :  » Pèlerin de l’Essentiel  » que tu as choisie d’intégrer à ton texte.
    Je te trouve excellente dans ces petits exercices d’écriture Jama…Bravo !

    Manouchka

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