J'ai mal

Etrange journée

Nous étions dans une église
pour te dire adieu
il y avait grande foule
tu rayonnais dans le coeur de chacun
peu de larmes
mais tant et tant de beaux témoignages
Ceux qui ont croisé ta route
ont bénéficié de ta douce lumière
et sont porteurs de leur chagrin
mais surtout de ton message
Tu es bien jeune pour partir
pour nous quitter ainsi
le prêtre a dit
"courte ta vie mais si bien remplie
tant de gens ont une longue et vide vie"
Tu n'es plus là P.H.
"Tu n'es plus là où tu étais
mais tu es partout là où je suis" Victor Hugo
Pendant le rite de l'aspersion dehors la pluie la grêle
faisaient rage...
Avec nous tous tu es allé vers le cimetière
dans le trou de la terre
tu as rejoint ta maman ton papa

Nous sommes rentrés chez nous dans le silence de notre émotion
L'orage avait fait rage , court mais violent
Le grand tilleul a rendu l'âme et condamne notre entrée
Gisant comme un malheureux sur le seuil de notre maison
arbre, tu avais 43 ans
30 ans à nous prodiguer ta beauté
ton parfum ton ombre calmante
tu nous as si bien accompagnés!

Coïncidence étrange
l'arbre avait-il quelque chose de grand à nous dire?
je l'ai entendu sangloter
puis plus rien
qu'un trou béant dans la terre.

"Tu n'es plus là où tu étais
mais tu es partout là où je suis."

Sur le seuil de sa maison
il t'attend
et ses bras s'ouvriront pour toi
l'eau qui t'a donné la vie
lavera tes racines
le soleil qui t'a vu grandir
te saluera
comme à ton premier matin

par ce grand arbre tombé par un temps scélérat
par le malade qu'on soigne et qui geint
par le petit garçon qui meurt loin de sa mère
par les quatre horizons qui crucifient le monde
par l'oiseau rappelant le petit tombé du nid
par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée

je te salue aurore nouvelle.

19 réflexions au sujet de “Etrange journée”

  1. à jamais uni par la pensée d’un ciel en colère
    Le tilleul à l’ombre apaisante, signe d’une tendre fidélité n’a pas résisté à une courte et belle vie emportée.
    Douces pensées Jamadrou.

  2. Les mots sont simples pour dire la vie qui passe, ceux qui partent et ceux qui restent unis dans un même destin, le poème touche au plus profond .
    Je le note dans mon cahier de poèmes choisis.
    Beau dimanche
    Amitiés

  3. Quel magnifique poème, où l’émotion semble partagée par la nature entière ( ce qui était effectivement le cas, avec cette tempête…). Oui, un moment extraordinaire, sans doute, de ces instants où le temps disparaît et où l’on pénètre dans l’absolu.

  4. Pour l’arbre, je crois qu’il est heureux
    heureux de tous ces instants que vous avez passé à l’ombre de ses ramures
    heureux de tous ces cris des jeux des enfants
    heureux de tous ces chants de vie
    et s’il pleuvait ce n’était que des larmes de joie
    de tous ces bons moments passés ensemble
    il est tombé, mais il n’est pas mort
    car il a su faire germer en nous
    un monde à son image
    un monde meilleur

  5. Ah les intempéries de la vie qui emportent gens, faune et flore, nul ne reste éternellement, courte ou longue existence, un jour le destin blesse à mort, une journée pas comme les autres pour cet ami et cet arbre, liés dans un même sort… tu en garderas un souvenir immortel… pensées amicales, JB

    1. Jill ton passage, tes mots dans « ma journée par comme les autres » sont la preuve que dans la blogosphère circulent le souffle de l’empathie amicale
      merci d’avoir pris la peine de déposer cette gerbe de mots sur les trous de mes jardins.
      je pense bien souvent à toi et espère que tout s’est bien passé et que ta convalescence est tranquille
      A bientôt

  6. Émotion et partage
    La vie n’est que passage
    la mort une porte
    l’au-delà un mystère

    Les mots sont faibles
    je me tais
    et à tes côtés
    espère
    l’aube nouvelle

  7. Malgré le retard, je tiens quand même à t’offrir cette chanson pour te témoigner ma tendresse en ce temps de deuil :  » Le coeur est un oiseau  » Richard Desjardins …
    Le montage de la vidéo n’est pas terrible mais je voulais que tu puisses voir les paroles. Manouchka

      1. Bonjour Manouchka
        J’ai écouté
        des mots et une musique doux comme les plumes de l’oiseau blanc qui peut volet toujours plus haut
        Dans les mains de la mort il s’envole encore
        dans les rues de nulle part plus haut plus haut
        le cœur est un oiseau
        ce n’était qu’un orage
        ce n’était qu’une cage
        le cœur en liberté reprendra sa course, ira à la source et boira tout le ciel
        Tout là-haut l’âme est enfin libérée.

        une autre vidéo peut-être plus nette ici:

        Merci Madeleine.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s