12 réflexions au sujet de “Cataclysme”

  1. Cataclysme
    Désastre sur notre astre
    Strophe sur une cata,
    Annoncée…

    La Terre dégouline de maux
    Que nous n’aurons plus de mots
    A son chevet,
    Plus que le chapelet
    Pour ensemble prier le miracle
    Quand l’oracle
    Se rira de notre malheur,
    Pauvres pécheurs…

    Et la blanche colombe
    A tire d’ailes au-dessus du monde
    Déposa son rameau d’olivier
    Sur nos mau’solées…

    Ainsi le sera t’il
    Homme qui droit va au péril…

    JB

    1. Que dire Jill j’ai le souffle coupé
      Ton oracle est…divin
      Ta sentence est incroyablement prémonitoire
      Mon insomnie trouve dans tes mots sa raison d’être et, en boucle, je psalmodie cette prière
      Entre mes mains je fais rouler les graines d’un chapelet de la dernière chance
      Seront-elles capables encore du miracle d’ensemencer la terre?
      La colombe ne porte pas de rameau d’Olivier
      Elle transporte en son sein la semence
      Si des hommes sursautent et lui ouvre un chemin paisible
      Elle déposera son cadeau porte bonheur
      Ne jamais minimiser le chant et les excréments de l’oiseau inconnu

  2. Le prodigieux poème « La colombe » du non moins prodigieux poète Louis Bouilhet aurait pu aussi parfaitement illustrer ce prodigieux triptyque.

    Ceci dit, je me demande si nos efforts pour nous préserver des calamités annoncées ne seraient finalement pas vains ! Tant les dommages causés par l’homo sapiens se révèlent d’une exceptionnelle gravité et tant l’étendue des dégâts affecte un nombre incommensurable de lieux !

    Par contre, si tu ne parviens pas à faire fortune en offrant tes œuvres picturales au plus offrant, c’est à se désespérer… Tu as un talent protéiforme, jama !

    Bien amicalement

    1. Yannucoj tes visites et tes mots sont toujours grand plaisir, merci
      je ne connais ni le poème ni le poète, je vais aller me renseigner.
      tu as raison Yann je suis une écri-vaine barbouilleuse polymorphe , je touche à tout mais ne fais rien à fond , je m’essaie.
      Quant à l’Humain, je crois qu’il est irrécupérable, la terre ferait mieux de l’évacuer et vivre sans lui.

      En attendant profitons sans abimer de ce qu’elle nous offre.
      Douce soirée Yann

    2. Louis BOUILHET
      1822 – 1869
      La colombe

      Quand chassés, sans retour, des temples vénérables,
      Tordus au vent de feu qui soufflait du Thabor,
      Les grands olympiens étaient si misérables
      Que les petits enfants tiraient leur barbe d’or ;

      Durant ces jours d’angoisse où la terre étonnée
      Portait, comme un fardeau, l’écroulement des cieux,
      Un seul homme, debout contre la destinée,
      Osa, dans leur détresse, avoir pitié des dieux.

      C’était un large front, – un empereur, – un sage,
      Assez haut sur son trône et sur sa volonté
      Pour arrêter du doigt tout un siècle au passage,
      Et donner son mot d’ordre à la divinité.

      Or, un soir qu’il marchait avec ses capitaines,
      Incliné sous ce poids de l’avenir humain,
      Il aperçut, au fond des brumes incertaines,
      Un vieux temple isolé, sur le bord d’un chemin ;

      Un vieux temple isolé, plein de mornes visages,
      Un de ces noirs débris, au souvenir amer,
      Qui dorment échoués sur la grève des âges,
      Quand les religions baissent comme la mer.

      Le seuil croulait ; la pluie avait rongé la porte ;
      Toute la lune entrait par les toits crevassés.
      Au milieu de la route, il quitta son escorte,
      Et s’avança, pensif, au long des murs glacés.

      Les colonnes de marbre, à ses pieds, abattues,
      Jonchaient de toutes parts les pavés précieux ;
      L’herbe haute montait au ventre des statues,
      Des cigognes rêvaient sur l’épaule des dieux.

      Parfois, dans le silence, éclatait un bruit d’aile,
      On entendait, au loin, comme un frisson courir ;
      Et, sur les grands vaincus penchant son front fidèle,
      Phoebé, froide comme eux, les regardait mourir.

      Et comme il restait là, perdu dans ses pensées,
      Des profondeurs du temple il vit se détacher,
      Avec un bruit confus de plaintes cadencées,
      Une lueur tremblante et qui semblait marcher.

      Cela se rapprochait et sonnait sur les dalles.
      C’était un grand vieillard qui pleurait en chemin,
      Courbé, maigre, en haillons, et traînant ses sandales,
      Une tiare au front, une lampe à la main.

      Il cachait sous sa robe une blanche colombe ;
      Dernier prêtre des dieux, il apportait encor
      Sur le dernier autel la dernière hécatombe…
      Et l’empereur pleura, – car son rêve était mort !

      Il pleura, jusqu’au jour, sous cette voûte noire.
      Tu souriais, ô Christ, dans ton paradis bleu,
      Tes chérubins chantaient sur des harpes d’ivoire,
      Tes anges secouaient leurs six ailes de feu !

      Et du morne empyrée insultant la détresse,
      Comme au bord d’un grand lac aux flots étincelants,
      Dans le lait lumineux perdu par la déesse,
      Tes martyrs couronnés lavaient leurs pieds sanglants !

      Tu régnais, sans partage, au ciel et sur la terre ;
      Ta croix couvrait le monde et montait au milieu ;
      Tout, devant ton regard, tremblait, – jusqu’à ta mère,
      Pâle éternellement d’avoir porté son Dieu.

      Mais tu ne savais pas le mot des destinées,
      Ô toi qui triomphais, près de l’Olympe mort ;
      Vois : c’est le même gouffre… avant deux mille années,
      Ton ciel y descendra, – sans le combler encor !

      Tu connaîtras aussi, ployé sous l’anathème,
      La désaffection des peuples et des rois,
      Si pauvre et si perdu que tu n’auras plus même,
      Pour t’y coucher en paix, la largeur de ta croix !

      Ton dernier temple, ô Christ, est froid comme une tombe ;
      Ta porte n’ouvre plus sur le vaste avenir ;
      Voilà que le jour baisse et qu’on entend venir
      Le vieux prêtre courbé, qui porte une colombe !

      1. Louis Bouilhet
        Sa poésie cultive une grande recherche dans la pureté, qui est spécialement appréciée dans le Parnasse. Il s’y joint des thèmes délicats évoquant la beauté, la femme, l’amour. Voici deux morceaux de poésie de cet auteur, extraits de son recueil posthume Dernières chansons (1872) :

        Le Tung-whang-fung
        La fleur Ing-wha, petite et pourtant des plus belles,
        N’ouvre qu’à Ching-tu-fu son calice odorant ;
        Et l’oiseau Tung-whang-fung est tout juste assez grand
        Pour couvrir cette fleur en tendant ses deux ailes.

        Et l’oiseau dit sa peine à la fleur qui sourit,
        Et la fleur est de pourpre, et l’oiseau lui ressemble,
        Et l’on ne sait pas trop, quand on les voit ensemble,
        Si c’est la fleur qui chante, ou l’oiseau qui fleurit.
        (…)

        Jasmin
        J’ai cueilli pour vous seule, à sa branche flétrie,
        Ce jasmin par l’hiver oublié dans la tour.
        J’ai baisé sa corolle, et mon âme attendrie
        Dans la dernière fleur met son dernier amour.

        Son théâtre

        Merci Yannucoj , belle belle découverte.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s