2026, les mots pour leur dire

Suis-je paresseuse ?

La paresse n'est pas un "péché capital " comme ON, a toujours voulu me faire croire mais je la ressens plutôt comme une façon d'accèder à un certain privilège : celui de participer à un brassage de pensées, d'idées, de couleurs,  tout en étant cachée loin du monde trépidant du profit, de la rentabilité. Le peu que je fais je le fais avec passion mais sans raison. 
Sans raison ? oui c'est ainsi, je le fais avec joie, plaisir, excitation et je vais jusqu'au bout de mon oeuvre du moment. Une forme de paresse en fait puisque je ne participe plus du tout, à cette course infernale vers le profit.
Tout ça me rapporte quoi ? Rien. Puisque je n'en tire aucun bénéfice tangible .
Je ne suis pas désenchantée, bien au contraire, je m'émerveille de peu, je suis vagabonde entre mon monde d'avant et celui d'aujourd'hui , je ne suis pas désargentée non plus ce qui facilite mon
errance oisive. 😉
Françoise Sagan m'a dit ce matin:  "Il est très difficile d'être paresseuse, car cela suppose d'avoir assez d'imagination pour ne rien faire, ensuite d'avoir assez de confiance en soi pour n'avoir pas mauvaise conscience de n'avoir rien fait, et enfin d'avoir assez de goût pour la vie. Afin que chaque minute qui passe semble suffisante en elle-même sans qu'on soit obligé de se dire : j'ai fait ceci ou cela."

Et moi, je la crois : je me vois pleine d'imagination, je suis sur la bonne voie pour ne pas avoir mauvaise conscience de ne rien faire qui rapporte , et j'aime tant la vie que je vais jusqu'à en faire éclater mon coeur de joie alors , oui oui, je suis rêveuse , je vagabonde en pensée et je revendique ma paresse.

JD. ©" Serai-je devenue paresseuse" 11/3/26

11 réflexions au sujet de “Suis-je paresseuse ?”

    1. merci Astarté pour ces belles réfexions lues là-bas

      oisiveté me fait penser à oiseau …
      l’oiseau quand il se laisse porter par les courants est-il oisif heureux ou bien cet oiseau las de son long voyage ?

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      1. merci, j’aime bien aussi ces réflexions, et l’assimilation à des mots, des idiomes et des concepts.
        d’ailleurs, dans ma présentation sur lapetitecyaniste.fr (m. comme) j’ai accolé le mot paresseux à oisif, parce que je trouvais aussi cette ressemblance avec le mot oiseau intéressant à susciter par le son.
        Je ne crois pas qu’un oiseau peut être las de son voyage. S’il est las, il meurt. Autrement, il est nécessairement porté par l’ivresse et l’impériosité atavique de son voyage. Inlassablement. Je crois.

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        1. oui oui mais s’ il est fatiqué il a le droit de se laisser porter par certains courants … d’air.
          et voilà que je pense à l’histoire de Jonathan le goéland qui, par amour du vol, a été entraîné dans une longue quête d’absolu.

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