atelier d'écriture Mil et une

« Aux vêtements sur mesure ».

Ce matin au fond de sa boutique : « Aux vêtements sur mesure » mon père sourit en relisant « Les Animaux malades de la peste » de Jean de La Fontaine.

Ah ! Coronavirus ou peste : ils ne mourront pas tous c’est certain mais tous sont frappés, c’est sûr !

Il se dit qu’il va peut-être tirer son épingle (de couturier sur mesure) du jeu. Il s’aperçoit que depuis quelque temps il y a un plus grand nombre de clients dans sa boutique. Pas obligatoirement des gens fortunés non mais des personnes qui cherchent le vêtement fait pour eux et qui pourra durer des années. Ils en ont marre du prêt à porter, du prêt à jeter, ils veulent du solide, du personnel, de l’original et surtout ils veulent doucement mais sûrement remplir leur garde-robe au fil du temps. 

Un vêtement en janvier pour fêter la nouvelle année, un à la St Valentin pour fêter l’amour celui qui dure toujours, un à Pâques pour fêter le printemps, une petite robe fleurie et légère quand l’été revient et un vêtement d’automne pour accompagner avec joie la rentrée des classes. Pour l’hiver ils ont le temps toute l’année de se tricoter pull écharpe gants et bonnet avec de la jolie laine recyclée.  

  Les enseignes françaises de prêt-à-porter ferment les unes après les autres depuis le confinement printanier.  Redressement judiciaire, procédure de sauvegarde, changement d’actionnaire, et les mauvaises nouvelles s’enchaînent : 500 salariés ont appris la fermeture possible des 21 magasins de leur enseigne et pour ce qui est de la mode enfantine, 1.600 personnes dans l’Hexagone savent désormais que, quel que soit leur repreneur, une saignée les attend sur le plan social. Les chaînes de vêtements qui faisaient travailler 180.000 personnes ont perdu plus de 4.000 emplois en France depuis avril. Près de 650 boutiques ont déjà définitivement baissé le rideau.  Une hécatombe. *

Mon père derrière son masque fait sur mesure sourit, il est persuadé qu’il va devoir embaucher une couturière pour aider maman, une vendeuse caissière pour aider ma grande sœur, un tailleur pour l’aider, une femme de ménage pour faire le travail que chacun fait le soir, à tour de rôle après fermeture, une étalagiste pour instruire et aider ma petite sœur et un bavard publiciste pour me libérer du temps pour écrire des articles dans « La mode est l’affaire de chacun ». Articles qui raconteront pourquoi et comment les mêmes affaires pour tous c’est terminé !  ·     

    *Un clic ici

8 réflexions au sujet de “« Aux vêtements sur mesure ».”

  1. Pas tous les quatre matins, c’est bien!
    Toutes les quatre saisons c’est fait avec raison!
    Certains ne changent pas souvent faute de moyen…
    La surconsommation a fait marcher l’économie la tête à l’envers, il va falloir trouver le juste milieu et partager le trop
    Merci Marie pour tes mots sous cette histoire d’un monde qui se cherche.

    1. Je revois ma grand-mère rapiécer par ci par là, torchon, serviette, drap, chemise…
      J’ai gardé un ou deux torchons, il y a plus de pièces que de tissu d’origine!
      Elle détricotait les pulls usés, lavait la laine, ensuite elle retricotait en mettant deux fils de laine.. Il y a 60 à 80 ans pas plus…
      Elle était couturière et faisait encore tous ses vêtements …

  2. Et comme on dit le malheur des uns fait le bonheur des autres… Certes la confection du prêt à mettre est meilleure marché que le tailleur du coin, mais autrefois, pas de boutiques de fringues comme maintenant, achats à tout va, maman cousait, tricotait, pour le quotidien et on achetait chez lui le costume ou tailleur de « fête » mariage, enterrement etc… qui avait de l’usage avant un autre ! ,-)

    1. Et oui Jill nous avons connu ce temps où un vêtement neuf et fait sur mesure par une grand mère, une tante… était un moment rare et de grand bonheur ou…. de grosse déception !

  3. J’achète très peu de vêtements et ils durent des années. Autrefois, je les cousais moi-même. Je recyclais ce qui n’allait plus en y taillant ceux des plus petits. 🙂
    Aujourd’hui, je continue à tricoter mais je couds peu. Mais j’avoue que je continue à garder mes vêtements jusqu’à ce qu’ils soient usés jusqu’à la corde. 🙂
    Je me dis en te lisant que je suis mauvaise citoyenne, je devrais dépenser plus en pensant à ceux qui vivent de mes achats.

    1. Non non non Quichottine notre génération savait faire durer, savait recycler , nous avons en nous ces « bonnes habitudes »!
      Nos jeunes les découvrent ..

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