couleur et mot, Nature poésie

Un matin

Dans le bruit du monde, je n’ai pas trouvé ma place
J’avance en silence, perdue parmi mes frères
Sur ce sentier de traverse, chemin buissonnier
Parcours secret où le cri de l’arbre me rejoint.
 
Absurde, la réalité décrite par mes paires
J’attends la nuit pour voir l’invisible, écouter
La voix profonde des êtres qui peuplent la terre
Et le chant de l’oiseau qui m’appelle tout là-haut.
 
Au lever du soleil, je remercie le jour
Et passe tant bien que mal dans votre réalité
Il le faut, alors j’avance sur la route tracée
Mais bien vite je reprends mon parcours buissonnier
Parsemé du parfum subtil des couleurs fleurs
Arbres, vent, terre, air, silence et cailloux blancs.
 
Je trouve alors place sur mon fauteuil en rotin
Celui qui me transporte au pays des mots
Poésie aux couleurs de ma réalité
Un très grand pays où le temps n’existe pas 
Où l’instant est mariage d’hier et de demain
Un pays qui fait l’éloge de la lenteur
Passerelle irisée arc-en-ciel menant vers
Celui qui mesure la profondeur de mes écrits.




« Seuls tes écrits savent si tu joues si tu triches
Si tu veux étonner la galerie des glaces
Si tes chevilles enflent si tu n’avances pas
Ils veulent que tu descendes sous terre au plus profond
De ta propre vie là où vont tes longues racines
Ils veulent qu’avec patience tu t’enfermes à double tour
Dans la fraîcheur de ta cave, que tu descendes
Dans les profondeurs de ta maison de famille
Bien en dessous des fondations, là où se trouve
Une source, celle des mots qui t’ont toujours fait défaut
Ceux qui se posent tels des oiseaux chauve-souris
Sur tes écrits qui seront alors poésie
Où l’expert saura trouver le mystère de ta création. »
 
Au bout des radicelles profondes une clé est suspendue
Cette clé ouvre la serrure de ma propre prison
J'ai trouvé dans cet autre côté du monde
Sans vraie réalité, le chemin de ma terre profonde
Et l’arbre à serrer dans mes bras
La clé de mes écrits est là, au pied de l’Arbre.

jamadrou © "Les mots pour leur dire" Recueil 2020
L’Arbre m’est témoin.

6 réflexions au sujet de “Un matin”

  1. Jamadrou je me retrouve dans ce monde qui m’exclut .
    En ces périodes agitées où des Thomas Diafoirus jouent des coudes pour étaler leur non science j’apprécie de parler avec les roses, d’abreuver les abeilles et d’éviter de penser à des lendemains dominés par l' »Intelligence Artificielle ».
    Juste avant de devenir un algorithme retrouvons nous entre humain regardant les étoiles en écoutant la mer.
    Les grains de sable de la dune se souviendra de nos pas
    et les balades au clair de lune du murmure de l’océan

    1. Ah ! Josette t’entendre me fait du bien, laissons parler les pédants et essayons de résister , il y a de belles initiatives et encore de belles âmes
      Trouvons notre Chemin Vert.

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