Décalé

Des lettres et des mots. 6

J’ai vu des lettres délaisser un mot qui ne correspondait plus à rien
ainsi un jour  étreinte a perdu son R et s'est éteinte
 et la rage  n’a plus eu d’âge 
Rire sans R fait de rage une ire de l'âge ancien 
et rire sans R au jeu de D c'est dire des choses juste pour rire sans faire de ride
Quant au mot voie en perdant son V devint oie ayant perdue son chemin
L'oie blanche crois-moi c'est toi pas moi
Au pied de la lettre comprendre le départ d’une lettre
nous apprend que les mots comme les maux
doivent être respectueux et solidaires de chacune de leur lettre
sinon ils pourraient devenir solitaires
en un courant d'R et un coup de D  autour d’une tasse de T

12 réflexions au sujet de “Des lettres et des mots. 6”

    1. Tu M , j’M

      … et sans les mots les lettres ne seraient que vagabondes inutiles à la recherche du pourquoi de leur vie


      Au pays d’alphabet,
      Les lettres s’ennuyaient ;
      Chacune dans son coin, inutiles,
      Elles ne savaient que faire,
      Elles ne savaient que dire !
      Mais un jour,
      Le E, le A, le U
      Se rencontrèrent…
      Eau ! Dirent-elles, ensemble.
      Oh ! S’exclamèrent les autres.
      Le C, le R, le I poussèrent un cri,
      Signe qu’ils avaient compris !
      Et c’est ainsi que tout a commencé.

      Jacques LAFONT

  1. La brise souffle sur sur le A de la braise et le livre rend ivre… j’aime ton D et ton T Jamadrou ce matin je m’amuse en retrouvant (difficilement cette mémoire aïe) le pays de l’alphabet et la guerre de voyelles et des consonnes !
    je te souhaite une journée sans neige et sans gel pour ton jardin fleuri

    1. je savais que chez toi je trouverai des mots plaisantins et des lettres coquines…
      ta mémoire, si je te fais une bise portée par la brise, va trouver encore d’autres choses à me dire …

  2. ÉLOGE DE l’ACCENT
    Aigu
    Grave
    Ou circonflexe Avec zèle J’annexe
    Par kyrielles Les voyelles !
    A E I O U, mes belles !
    Je vous suis providentiel !
    Je vous coiffe à tire-d’aile Je vous gèle
    Je vous flagelle
    Je vous grêle
    Je vous ombrelle !
    U O I E A, Agnelles ! Rendez-vous à mes appels !
    Aigu
    Grave
    Ou circonflexe
    Je le répète sans complexe : C’est l’Accent
    Qui fait le Texte !

    Andrée Chedid

  3. Si mon stylo
    Si mon stylo était magique, Avec des mots en herbe, J’écrirais des poèmes superbes, Avec des mots en cage, J’écrirais des poèmes sauvages.
    Si mon stylo était artiste, Avec les mots les plus bêtes, J’écrirais des poèmes en fête, Avec des mots de tous les jours, J’écrirais des poèmes d’amour.
    Mais mon stylo est un farceur Qui n’en fait qu’à sa tête,
    Et mes poèmes, sur mon cœur, font des pirouettes.
    Robert Gélis

  4. Ponctuation
    — Ce n’est pas pour me vanter, Disait la virgule,
    Mais, sans mon jeu de pendule, Les mots, tels des somnambules, Ne feraient que se heurter.
    — C’est possible, dit le point. Mais je règne, moi,
    Et les grandes majuscules Se moquent toutes de toi
    Et de ta queue minuscule.
    — Ne soyez pas ridicules,
    Dit le point-virgule,
    On vous voit moins qu’une trace De fourmi des plus tenaces. Cessez vos conciliabules
    Ou, tous deux, je vous remplace !
    Maurice Carême

  5. Pavane de la virgule Andrée Chédid

    « Quant à moi ! » dit la Virgule,
    j’articule et je module ;
    Minuscule, mais je régule
    Les mots qui s’emportaient !

    J’ai la forme d’une Péninsule ;
    A mon signe la phrase bascule.
    Avec grâce je granule
    Le moindre petit opuscule.

    – Quant au Point !
    Cette tête de mule
    Qui se prétend mon cousin !

    Voyez comme il se coagule,
    On dirait une pustule,
    Au mieux : un grain de sarrasin.

    Les guillemets Andrée Chédid

    Tel « castagnettes »,
    Je cliquète.
    Puis décrète
    La taille du discours.

    Cli-clac :
    « Causez, devisez, jasez ! »
    Clac-clic :
    « Halte-là, stoppez, assez ! »

    J’invite, je cite
    Mais je limite :
    « Chacun son tour !
    Chacun son tour ! »

    L’onomatopée Andrée CHEDID
    Lolo, nono,
    Mama, topée !
    C’est pas possible
    A prononcer !
    Glou-glou, tic-tac
    Do-do, pé-pé,
    Tout ça
    C »est de l’O
    NOMATOPÉE !
    Lolo, nono
    Mama, topée !
    Un mot
    A vous rendre toqué !
    Cui-cui, chut-chut
    Boum-Boum, yé-yé
    Voilà des O
    NOMATOPÉE ! *
    Lolo, nono
    Mama, topée!
    Pourquoi vouloir
    Tout compliquer !

    La fourmi et la cigale
    « Fini, fini ! »
    Dit la fourmi.
    « Au diable la parcimonie ! Dès aujourd’hui
    Je convie
    Toutes cigales affranchies
    A me chanter leurs mélodies,
    Et nous fêterons, en compagnie,
    La vie qui bouge,
    La vie qui fuit ! »

    « Holà, holà ! »
    Fit la cigale
    Poussant un cri très vertical.
    « Pour moi, adieu le carnaval !
    L’hiver, l’hiver m’a tant appris,
    Et le souci tant rétrécie,
    Que j’ai rangé toutes mes rêveries
    Pour m’établir
    En Bourgeoisie ! »

    1. Magnifique !
      enfants et petits enfants d’Andrée Chédid ont eu de la chance d’avoir une mère, grand mère aussi poète qui a su ne jamais ranger ses rêveries et ne jamais s’établir en Bourgeoisie…
      Merci mille fois Josette

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