Dans les pas de 2024, Des mots en écho

On ne sera jamais trop vieux

Michel Jonasz 

"J’ai retrouvé ta lettre où tu disais peut-être
Un jour on s’ra trop vieux
Pour s’écrire des poèmes
Pour se dire que l’on s’aime
Se r’garder dans les yeux
Tu parlais de naufrage
D’un corps qui n’a plus d’âge
Et qui s’en va doucement
De la peur de vieillir et d’avoir à subir
L’impertinence du temps
De n’plus pouvoir s’aimer si la mémoire s’en va
Et qu’on n’se reconnaît plus
Et perdre me disais-tu le plaisir de me plaire
l’envie de me séduire
Peur de la dépendance
Et de finir sa vie dans une maison de retraite
De la fin qui commence
De l’esprit qui divague
Peur de ne plus pouvoir un jour
Rire à mes blagues
Mais tout ça c’est des bêtises est-ce que tu réalises
On s’ra jamais trop vieux
Pour s’écrire des poèmes, pour se dire que l’on s’aime
Se r’garder dans les yeux
Et je veillerai sur toi et tu veilleras sur moi
Ce s’ra jamais fini
On s’dira mon amour jusqu'à la fin des jours
Et le jour et la nuit
Et le jour et la nuit
Et leur maison de retraite ça j’te l’jure sur ma tête
Nous on ira jamais
On dormira dehors, on r’gardera les étoiles
On vivra libres et dignes !
On s’tiendra par la main comme à nos 18 ans
Qu’on marchait tous les deux sur des sentiers perdus
Au début du printemps
Et on pourra toujours raconter des bêtises
Et dire n’importe quoi
On vivra libres et dignes !
Et si l’on doit partir un jour après le dernier mot
Du tout dernier poème
On partira ensemble
Tu comprends…
On s’ra jamais trop vieux
Pour se dire que l’on s’aime
Se r’garder dans les yeux
On s’ra jamais trop vieux
Pour se dire que l’on s’aime
Se r’garder dans les yeux"

10 réflexions au sujet de “On ne sera jamais trop vieux”

      1. Je n’ai su qu’hésiter; il fallait accourir;
        Il fallait appeler; je n’ai su que me taire.
        J’ai suivi trop longtemps mon chemin solitaire;
        Je n’avais pas prévu que vous alliez mourir.
        Je n’avais pas prévu que je verrais tarir
        La source où l’on se lave et l’on se désaltère;
        Je n’avais pas compris qu’il existe sur terre
        Des fruits amers et doux que la mort doit mûrir.
        L’amour n’est plus qu’un nom; l’être n’est plus qu’un nombre;
        Sur la route au soleil j’avais cherché votre ombre;
        Je heurte mes regrets aux angles d’un tombeau.
        La mort moins hésitante a mieux su vous atteindre.
        Si vous pensez à nous votre cœur doit nous plaindre.
        Et l’on se croit aveugle à la mort d’un flambeau.

        Marguerite Yourcenar

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  1. On peux toujours même si c’est plus lentement…

    je ne reçois plus une seule newsletters de WP, donc mes visites ne sont pas régulières j’en suis désolée j’avais l’habitude de venir d’après les news reçues. Bisous bonne journée

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  2. Les vieux ne meurent pas, ils s’endorment un jour et dorment trop longtemps
    Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
    Et l’autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
    Cela n’importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
    Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois, en pluie et en chagrin
    Traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin
    Et fuir devant vous, une dernière fois, la pendule d’argent
    Qui ronronne au salon, qui dit “oui”, qui dit “non”, qui leur dit “je t’attends”
    Qui ronronne au salon, qui dit “oui”, qui dit “non”, et puis qui nous attend.

    Jacques Brel

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    1. Encore un beau texte sur ce temps où l’un part et l’autre reste

      « Et traverse le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin »
      Merci Marie

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